Retour sur la "fonction de la parole"

Retour sur la "fonction de la parole"

  • €18,00
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Colette Soler

Retour sur la "fonction de la parole" 

Jacques Lacan fit en 1953 une entrée fracassante et enthousiaste dans la psychanalyse, avec la « fonction de la parole » dite pleine, fondatrice du sujet. C’était du jamais entendu. Quelque vingt ans plus tard c’est un autre son de cloche, la parole est un parasite, un chancre imposé aux êtres qui se définissent d’être parlants.
Ce livre s’emploie à suivre ce trajet, à éclairer méthodiquement les redéfinitions de la parole qu’il implique, leurs raisons, ainsi que les nouveaux effets aperçus au fur et à mesure avec leurs enjeux pour la pratique de la psychanalyse.

 

ISBN 978-2-491126-03-2

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À propos de Retour sur la "fonction de la parole", une brève de Nicole Bousseyroux

 

Le retour dont il est question dans ce livre ne manque pas de rebondissements, pas sans conséquences pour la clinique et la pratique de la psychanalyse. De la première thèse de Lacan sur la « fonction de la parole » comme pacte fondateur du sujet à sa dernière thèse sur la « fonction du parler », il y a tout un parcours de pensée chez Lacan, dont ce livre nous fait saisir l’écart, les virages, les contradictions et les surprises.
La « fonction du parler » n’est pas de lier dans un pacte symbolique les sujets, elle est d’assurer le lien des corps dans le coït pour la reproduction de l’espèce. La fonction du parler est autre que celle de la parole, car elle impose l’accent mis sur lalangue, qui, précise bien Colette Soler, n’est pas une structure mais une multiplicité informe où le parler puise.
C’est là que la conception à se faire de la psychanalyse rebondit sur la question de l’inconscient-lalangue. Qu’il provienne de la langue maternelle (que l’apprentissage de l’écriture graphique ne parvient pas à dématernaliser) n’en fait pas pour autant un inconscient maternel. L’important, que ce livre met en lumière, est que cela nous confronte à un « bilinguisme généralisé » : il y a la langue-idiome que nous parlons et qui n’est pas, comme on pourrait le croire, une langue vivante – elle est morte, dit Lacan, parce que vidée de la jouissance lallalée qui l’animait. Lalangue vivante, c’est celle de l’inconscient, car elle est toujours jouie. D’où la thèse de l’auteure : nous sommes tous bilingues, chacun avec lalangue secrète de son inconscient, toujours étrangère, y compris à son analyste, même quand il parle la même langue.

Nicole Bousseyroux