Une brève de Parham Shahrjerdi sur Traumatisme$, de Colette Soler
Traumatisme$ — Colette Soler : entre réel, interprétation et clinique
Le $ épingle ce qui ne se résorbe pas dans le symbolique.
Traumatisme au pluriel — mais pas celui que l’époque met en avant. D’emblée, chez Colette Soler, la distinction des deux registres déséquilibre le couple événement / structure : le réel événementiel et un autre réel, plus radical, qui ne doit rien à la contingence — celui de l’entrée dans le langage, l’Un « troumatique » dont nul parlêtre ne réchappe.
Incurable, écrit-elle. Mais incurable n’est pas sans recours. C’est là que s’ouvre la portée éthique de la psychanalyse — sans plainte, sans promesse.
À rebours d’une époque qui érige la victime en figure intouchable, une exigence se dégage : il n’est pas de réel qui ne passe par l’interprétation. Entre ce qui arrive et ce que le sujet en fait, un espace s’ouvre — celui de la responsabilité. Le sujet n’est pas seulement affecté : il répond.
Le fantasme n’est pas l’opposé du réel. Il en est la condition subjective. Traumatique en son fond, il opère là même où rien n’a eu lieu. La répétition n’y reconduit pas le même : elle insiste.
Le symptôme en porte la marque. « Symptraumatique » : il vient du trauma, il en est fait. Non comme souvenir, mais comme présence.
L’époque est aux traumatisme$. D’où l’exigence : ne pas céder sur ce qui, pour chacun, reste irréductiblement singulier.
Pas de réparation. Mais un travail sur ce qui insiste.
Et cette question, qui ne se ferme pas : que faire de ce qui nous a faits ?
Parham Shahrjerdi